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Ecole Notre Dame de Mongré

Madame de la Barmondière

(Texte de Louis MANGER)

Issue de très anciennes lignées familiales beaujolaises tant du côté paternel que maternel, Mademoiselle Marie-Thérèse. BOTTU de la BARMONDIERE était née le 3 septembre 1755 et avait six frères et sœurs dont deux seulement survécurent.
Son père, Louis-François BOTTU de la BARMONDIERE figurait parmi les très riches bourgeois du Beaujolais. Il avait en effet une fortune considérable faite de domaines, de maisons, de terres, de prés, de bois situés non seulement sur les communes proches Villefranche, mais également dans le Haut Beaujolais, à Ouroux, Vauxrenard par exemple et en Dombes, auxquels s'ajoutait un manoir et la ferme attenante de MONGRÉ, dans l’immédiate périphérie de Villefranche.
Mais ce personnage avait un détestable caractère, dominé par une âpreté au gain inégalée qui l'avait rendu antipathique à tous ceux qui avaient affaire à lui et en particulier à ses nombreux débiteurs de rentes, de fermages et de locations.
Au moment de la révolution, en 1789, le Château de MONGRÉ fut pillé, à n'en pas douter, par vengeance. Comme, par la suite, persévéra dans sa course incessante à l'augmentation de se patrimoine en se portant acquéreur de biens nationaux vendus sur saisie, il finit par s'attirer les foudres de la justice révolutionnaire qui le fit arrêter, le jugea et le condamna à la décapitation, sentence exécutée le 18 décembre 1793, ainsi qu'à la confiscation de ses biens.

Mademoiselle de la BARMONDIERE, dont la mère était décédée, se trouva dès lors responsable de son frère et de sa sœur, tous deux de santé fragile, avec de maigres moyens pour subvenir à leur commune existence journalière. Fort heureusement, quelques années plus tard, les biens paternels confisqués lui furent restitués.
A partir de ce moment, Marie-Thérèse BOTTU, qui avait été élevée à la Visitation de Villefranche où elle avait reçu une solide éducation confortant son équilibre et sa sagesse naturels, ne mit plus de freins à son penchant inné à faire le bien, à s'occuper des autres, à venir en aide aux plus défavorisés de la vie, et ce, toujours, dans un parfait esprit de discrète charité chrétienne.
Ainsi, tout le restant de sa vie, puisa-t-elle dans son immense fortune pour répondre aux sollicitations des uns et des autres. La liste de ses libéralités -du moins les plus spectaculaires car quantité demeureront à jamais ignorées- comporte des dizaines de bénéficiaires. Parmi eux figurent :
- Plusieurs paroisses dont les églises ont été reconstruites ou rénovées, Limas et Gleizé entre autres ;
- des hospices de vieillards créés ou agrandis ;
- des fondations de lits dans les hôpitaux à Villefranche, à Beaujeu;
- le Grand Séminaire de St Irénée à Lyon, en partie édifié avec ses fonds ;
- les Dames du Sacré Cœur, rue Boissac à Lyon, avec le don de bâtiments pour qu'y soit développée la maison d'éducation pour jeunes filles déjà créée et celui de terrains à St Didier au Mont d'Or en vue d'y construire une annexe, la Roseraie d'aujourd'hui ;
- quantité de paroisses de la région et de Lyon qui reçurent en plusieurs occasions des sommes importantes à distribuer à leurs pauvres ;
- enfin les Révérends Pères Jésuites avec la vente-donation du Domaine de MONGRÉ.
Toutes ces donations faites, l'ouverture de son testament laissait encore une somme de 3 800 000 francs à répartir entre différents héritiers et ultimes donataires.
Le portrait de Marie-Thérèse BOTTU de la BARMONDIERE, accroché sur l'un des murs du parloir de MONGRÉ, représente la vieille demoiselle avec un large ruban bleu et rouge porté en écharpe. C'est là le signe distinctif du titre de Comtesse Chanoinesse du chapitre noble de Jourcey-en-Forez qui lui avait été conféré alors qu'elle avait vingt six ans, mais en qualité de membre d'honneur, ce qui la dispensa de résider au chapitre, et lui valut le titre de "Madame".
Notre vénérable et généreuse donatrice décéda le 20 août 1842 et fut enterrée à Lyon, au cimetière de Loyasse, où sa tombe, parfaitement entretenue, se trouve dans l'allée 81.
Quelque vingt ans après sa mort, le Général des Jésuites lui attribua le titre de "fondatrice", ce qui fit dire à certains qu'elle fut la seule femme de la Compagnie de Jésus.